Collaboration

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Toutes les espèces ont un atout pour survivre. Le requin a ses longues dents affutées. La tortue transporte chaque seconde de sa vie une carapace pour se protéger. L’oiseau échappe au danger en volant. Homo Sapien lui, a tout misé sur une compétence bien particulière. C’est ce que montre notre histoire.

2,5 millions d’années avant notre ère, un des grands singes qui peuplent alors l’Afrique a pris l’habitude de se redresser pour pouvoir mieux scruter, guetter et chasser le gibier. 

Il utilise les deux membres ainsi libérés pour réaliser des tâches de plus en plus complexes. Homo Erectus, (l’homme dressé) s’est mis à créer des outils, des armes, à domestiquer le feu en utilisant la friction du bois ou la percutions de silex. 

C’est le début d’un long chemin.

Peu à peu, son cerveau n’en finit pas de grossir passant 400 cm3 pour les grands singes à 1500 cm3 pour le néandertaliens.

Mais il y a plus important que le volume de la boite crânienne.

Notre fragilité nous rassemble

La position debout rend les hanches des femmes plus étroites obligeant les bébés à naître plus tôt, alors que leurs os sont encore flexibles et rendent possibles un accouchement sans danger. C’est pour cela qu’au contraire d’autres animaux, le bébé Homo Sapiens n’est pas capable de se tenir debout quelques minutes après la naissance.

C’est ainsi que nous avons développé comme aucune autre espèce le lien social et la collaboration. Les tribus se sont réunies et les sociétés se sont formées pour protéger, aider et élever les bébés si fragiles.

Des premières sociétés de chasseurs cueilleurs à aujourd’hui, nous avons peu à peu développé des villages, puis des villes, puis des pays et enfin des civilisations, en nous appuyant sur notre capacité à créer et faire évoluer des organisations de plus en plus complexes.

Comme nous l’explique Yuval Noah Harari dans « Sapiens », c’est dans notre capacité à collaborer avec notre entourage ou avec de parfaits inconnus que réside notre super pouvoir. Il nous permet d’en créer des millions d’autres comme soigner la maladie, communiquer à des milliers de kilomètre de distance ou explorer les confins de l’univers.

2,5 millions d’années après que le premier grand singe ne se soit redressé, quelques Homo Sapiens ont marché sur la Lune. Les deux ont fait un petit pas pour l’homme et un bond de géant pour l’humanité.

Comment mettre nos pas dans ceux de nos ancêtres et incarner ce super pouvoir de collaboration dans notre quotidien ?

De la volonté de briller à celle d’embarquer

Nous avons tous des projets qui nous tiennent à cœur et nous avons besoin de fédérer autour d’eux. Le bon élève qui est en nous nous incite à en parler une fois qu’il est parfaitement clair aussi bien dans son objectif que dans son exécution.

Résistez à ce bon élève.

Pour impliquer une tribu, les projets doivent être présentés au stade de nouveaux nés : fragiles certes mais assez souples pour être façonnés par tous les membres de l’équipe que vous souhaitez convaincre et fédérer. A son commencement, un projet est une intention et votre travail consiste à le transformer en conviction auprès des personnes que vous souhaitez embarquer. Cela se fait par la discussion.

Ainsi toute la tribu peut se pencher sur votre proposition de départ et vous aider à mieux en définir les objectifs et le destin tout en faisant sienne petit à petit votre première intention. Chacun pourra ensuite imaginer sa contribution, proposer ses savoir-faire, enrichir votre idée.

Chacun se sentira libre de proposer des outils pour mieux communiquer, et le groupe choisira celui qui parait le plus pertinent.

Chacun sera sincèrement heureux de la réussite du projet parce qu’il y a aura mis un peu de lui, ou triste du manque de résultat, mais prêt à pousser plus loin l’aventure parce qu’on n’abandonne pas à la première déconvenue.

Lao Tseu nous l’expliquait déjà 500 ans avant notre ère :

Un meneur excelle lorsque les gens savent à peine qu’il existe. Quand son travail est accompli, son objectif atteint, ils disent : on l’a fait nous-mêmes.

Embarquement immédiat

Vous avez une idée à laquelle vous tenez ?

Ouvrez votre éditeur de texte, « racontez » votre idée pour que chacun puisse comprendre son histoire, comment cela est venu, qu’est-ce qui a déclenché cette envie de la poser sur le papier, à qui et à quel problème elle peut apporter une solution. Faites l’effort de trouver un slogan marquant qui tient en quelques mots illustrant l’idée et son ambition. C’est ce que les gens retiendront. En une page, vous écrirez l’essentiel.

Partagez-là ensuite avec au moins cinq personnes qui pourraient vous aider. Parlez peu et écoutez beaucoup. Prenez des notes, et faites évoluer de conversation en conversation votre proposition initiale.

Ce sera un petit pas pour vous mais un bond de géant pour votre projet.

Ecouter la version audio :

Le livre qui a inspiré ce billet : 

Le livre de Yoval Noah Harari  « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité »

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Je vous propose une newsletter qui va traiter sous une forme originale le thème des compétences comportementales en allant puiser dans la grande Histoire les petites histoires qui aident à prendre du recul avec nos pratiques quotidiennes.


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Publié le
Catégorisé comme Blog

Par Alexandre Zermati

Auteur et conférencier en efficacité professionnelle et collective | Livre « Self Manager » éd. Eyrolles | Podcast « Azzzap »

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